Le placard aux mouettes

Quel est donc ce placard ? Où va-t-il donc avec ce bouquet de fleurs ? Il évite les flaques de boues et porte son bouquet, inquiet, comme pour aller caresser des maisons immobiles. Il cherche un placard de ferraille, un amour de mitraille pour offrir sans peur, ses fleurs.

Et les mouettes me font peur.

Mais comment trouver ce placard perdu dans le port des paquebots. Offrir ses fleurs avant que le bateau ne coule, car amoureux, le placard sait que si le navire sombre, l'amour aura coulé.

Et cela continu dans les couloirs du port, seul au fond de son paysage, ses fleurs du passé ne peuvent faner.

Et les mouettes rigolent.

Quand il compte les cadenas des placards verrouillés, ses fleurs, floraison de raison, espace d'amour ne pourront s'effeuiller sur le film de son espace de balais.

Et les mouettes sont folles.

L'âme en peine, la feuille flétrie le placard inquiet est aux aguets. Humant le moindre bruit, respirant le moindre son, des embruns d'amour caressent ses gonds.

Et les mouettes font des ronds.

Mais soudain une brise de figure d'ange, un souffle de lune, une parodie pâle, une puissante dune d'horizon l'appelle.

Un placard de banlieue l'interpelle.

Et les mouettes s'arrêtent.

Le doute l'emmène. Quitter ses beautés de mers, de bateaux, de balais d'algues brunes, pour aller s'envoler vers un placard de ferraille dans une ville polluée.

Et les mouettes font la tête.

Mais l'amour est plus fort, enfin offrir ses fleurs. L'environnement, même beau est un malheur si ton placard est trop grand. Fragile comme du verre ta vie est sans but sans vestiaire ou accrocher ton coeur au cintre de l'amour. Choisi bien ton rangement.

Et les mouettes sont posées.

Mieux vaut un taudis mal foutu rempli d'amour écru, qu'un château d'argent où les sentiments n'ont même pas la clé de la porte d'entrée.

Et les mouettes ont coulé.